Accueil  |  Les Hôpitaux de Saint-Maurice  |  Actualité  |  Toute l'actualité

Toute l'actualité

Clinique de l'adoption

Évènement annulé compte tenu du contexte sanitaire national lié au Covid-19
 
Séminaire Clinique de l’adoption 2020 : Savoir ou ne pas savoir, telle est la question…

Savoir c’est faire entrer des représentations dans le champ cognitif, c’est avoir un acquis, c’est avoir une certaine maîtrise d’un domaine. Savoir c’est pouvoir. Savoir c’est comprendre. Savoir c’est rassurant. Savoir renvoie à la transmission, mais aussi à la mémoire. Il y a le su et l’insu, le dit et le non-dit, le public, l’intime et les secrets. Savoir c’est disposer de repères…. Savoir renvoie à la pulsion épistémophilique dont les ressorts s’ancrent bien au-delà de la différence des sexes.

Dans le champ de l’adoption la question de savoir est récurrente. On la retrouve dans la dynamique de l’agrément qui confronte le savoir des professionnels à la plus ou moins grande ignorance initiale des postulants avec tout un travail de transmission qui s’opère des uns aux autres. Mais l’agrément pose aussi la question de ce que veulent savoir les évaluateurs des postulants et ce que ces derniers veulent bien leur apprendre de leur désir, de leur histoire, de la façon dont ils se représentent leur projet et ses enjeux. C’est une question que posent régulièrement les personnes qui veulent adopter : que saura-t-on de l’histoire de l’enfant, de ce qu’il a vécu, de son état de santé réel, etc. ? Ils cherchent dans les entretiens de la procédure, dans les lectures, les films, les consultations spécialisées, les rencontres avec d’autres parents ayant adopté, à en savoir plus.

Une question largement abordée est celle de savoir quoi et comment transmettre à l’enfant, ce qu’il doit savoir ou ne pas savoir de son histoire et de sa préhistoire. Du côté du parent initial lorsqu’il s’agit d’un abandon dès la naissance ou plus tard se pose la question de ce qui sera laissé à la connaissance de ceux qui prendront le relais et par leur intermédiaire à l’enfant. La question est très différente lorsque celui-ci sera adopté tout bébé ou s’il s’agit d’une adoption tardive dans laquelle l’enfant sait qu’il est adopté, dispose de souvenirs plus ou moins importants.

Et cette histoire généralement traumatique, qu’en sait l’enfant, quelle inscription dans sa psyché, dans son corps même ? Et que veut-il en savoir lui-même, tiraillé entre l’envie de savoir et la tentation de ne rien savoir de cette histoire blessante. Dialectique au rythme de laquelle s’égrèneront les symptômes au fil d’un parcours d’assomption d’un statut particulier intriqué au tissage du lien.

L’éventuel désir de ne pas savoir emportera-t-il avec lui d’autres pans cognitifs ? Les troubles des apprentissages sont très fréquents chez les enfants adoptés pour des raisons plurielles qu’il est intéressant d’explorer.

Savoir qui sont les parents biologiques ceux qui ont donné la vie est une question qui peut devenir taraudante, particulièrement à l’adolescence. Les moyens de communications actuels les réseaux sociaux ont transformés cette question. Certains retrouveront ainsi avec ou sans accompagnement des membres de leur famille d’origine. D’autres voudront aller aux pays qui les a vu naître ou prendront connaissance de courrier laissé à leur intention par la mère biologique.

On le voit la question de « savoir ou ne pas savoir » trouve de multiples occurrences dans le champ de l’adoption. Au cours de cette année le séminaire permettra d’aborder en profondeur ces différents aspects de la question à partir d’interventions de praticiens de l’adoption reconnus et des discussions des participants, ainsi nous l’espérons, peut-être en saurons-nous un peu plus…

Dr Jean-Louis Le Run

Les prochains séminaires cliniques de l'adoption, organisés par la Consultation Adoption du Figuier - Pôle Paris Centre Est des Hôpitaux de Saint-Maurice et animés par le Dr Jean-Louis LE RUN se tiendront :

Jeudi 26 mars 2020 : "La question des apprentissages chez l’enfant adopté"

Élise Geneviève Ginoux, psychologue clinicienne (UPPEA, Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris)

Jeudi 23 avril 2020 : "Pour qu’il sache… quels savoirs dans la préparation des mères accouchant dans l’anonymat"

Chantal Prononce Poyol, psychologue clinicienne (correspondante CNAOP CD 93, ASE 93 et Université Paris Diderot)

Jeudi 18 juin 2020 : "Quand ce qu’on croit savoir de son histoire se confronte à la réalité"

Nathalie Parent, ex-présidente d’EFA, membre du CNAOP et du CNPE.

Jeudi 24 septembre 2020 : "Entre vouloir savoir et ne pas vouloir savoir » un paradoxe dans la vie psychique de l’enfant et de l’adolescent adopté"

Dr Jean-Louis Le Run, pédopsychiatre, Consultation Adoption du Figuier

 

 Télécharger le programme

 

  • Horaires : 14h - 15h30
  • Lieu : CMP enfant-adolescents, 2 rue du Figuier (1er étage) 75004 Paris
  • Renseignements et inscription : (obligatoire car nombre de places limitées) par mail à : jl.lerun@wanadoo.fr ou au : 06 78 41 55 25

 

Partager l'article